07 février 2006

Retour a Ciudad Bolivar

Lendemain matin départ a 6h30 pour rejoindre Canaima et prendre le chemin du retour. Il fait un peu frisquet de si bonne heure dans la pirogue qui fend la brume matinale, et on fait le chemin en silence, serrés les uns contre les autres, a guetter le moindre virage avec en tête l'image de la pirogue fendue en 2 de la veille !
Apres quelques barbotages dans la lagune et un repas rapide nous faisons nos adieux a Daniel qui reste un jour de plus a Canaima (il aurait bien voulu rentrer avec nous mais l'avion etait plein et il avait dit avant de partir qu'il voulait rester un jour de plus...), en tout cas j'aurai passé 3 jours excellents en sa compagnie, a partager toutes ses histoires de voyages et ses conseils de routard !

vol_retour__1_ vol_retour__2_

A la satisfaction de Silvia c'est un avion plus grand qui nous attend pour nous ramener a Ciudad Bolivar (contenance de 15 personnes) qui doit nous déposer avant de continuer directement pour Isla Margarita. Je ne pose pas trop de questions mais la encore on me ramene en vol direct au lieu de me faire prendre 2h30 de bus... tant mieux !

vol_retour__3_ vol_retour__8_

On décolle et on part, mais rapidement je trouve bizarre la direction dans laquelle on va... car ce n'est pas celle de la d'ou on vient... en fait on se dirige vers l'Auyan Tepuy... Je m'excite sur mon siege... va-t-on voir le Salto Angel une derniere fois ???
En fait le pilote a un ami dans l'avion et il veut lui faire survoler le tepuy et la chute bien que ce ne soit pas sur notre plan de vol... encore un nouveau coup de chance !!!

vol_retour__6_ vol_retour__11_

Malgré les vitres teintées de l'avion et les nuages accrochés a la cime de la montagne je mitraille de photo... On vol tres pres des falaises, passant dans les canyons. J'aperçois le haut du plateau (enfin plus ou moins) que je ne pouvais absolument pas voir depuis le bas en passant en pirogue, et je découvre des rochers en pointe un peu partout, ça a quelque chose d'un peu mystérieux !

vol_retour__4_ vol_retour__12_

En dessous de nous j'aperçois le Rio Carrao que nous avons descendu en pirogue et qui continue a serpenter au loin...
Je suis ravis de cette excellente surprise, tout le monde applaudis le pilote, et l'avion prend un grand virage entre les falaises pour faire demi-tour et reprendre sa trajectoire normale... C'est un plus gros avion et nous volons plus haut... la tete au dessus des nuages, sous le soleil, je suis bien fatigué et je m'endors jusqu'a Ciudad Bolivar.

La je me change et je refais mon sac. J'aide Genevieve et Donald (venus a la base pour le forum social a Caracas et qui en profitent pour visiter le pays avant de retourner a Montreal) a passer entre les mails des chauffeurs de taxis arnaqueurs qui leur disent que leur bus n'existe pas, puis je fais mes adieux a Silvia et Ricardo avec qui je me suis super bien entendu, qui prennent un bus pour Puerto La Cruz, et j'attends patiemment mon bus de 20h30 pour Manaus planqué dans un restau pour échapper a la racaille de la station de bus...
Je fais l'erreur d'inviter a ma table une touriste hollandaise completement tarrée qui m'a saoulé pendant 1h : elle m'explique qu'elle trouve désolant les changements du guide du Lonely Planet, qu'avant il y avait ecrit "places to eat" et que maintenant il y a ecrit "eating", qu'elle ne comprend pas pourquoi il y a de nouvelles rubriques de conseils pour les voyageurs homosexuels ou vegetariens, etc... je me retiens de rigoler et de me payer sa tete, mais je reste poli en attendant que l'heure tourne et que mon bus arrive et pendant qu'elle parle (alors que j'ai arrete de faire un effort pour entretenir la discussion) je repense a ces 3 jours excellent dans le parc du Canaima (toutes les photos du sejour sont dans l'album photo du meme nom dans la colonne de droite) !

Posté par raphael giraud à 12:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Salto Angel

salto_angel_3

Petit coup d'oeil sur le Salto Angel depuis le camp avant de partir... la vue est magnifique ! On est hyper chanceux car la chute est couverte de nuages la majorité du temps, mais la c'est grand soleil !
Le Salto Angel est en faite la plus haute chute d'eau au monde, avec 979m de chute, dont 807m de chute libre (presqu'un kilometre de chute !).

salto_angel__3_ salto_angel__6_

Nous commençons par traverser a pied un petit passage dans le rio Churun puis nous nous enfonçons dans la jungle. Nous passons les premiers kilometres a patauger dans des especes de marais en sautant d'une racine a l'autre pour eviter de marcher dans la boue. On fait quelques arrets pour ecouter les explications de Dimitrio sur tel ou tel arbres, la foret est tres haute et le soleil perce par endroi ou briller sur les grandes feuilles encore mouillées par la rosée.
Le chemin se retrécit et commence a grimper franchement. Sous nos pieds de gros rochers recouvert de mousse qui glissent a mort. On ne voit pas la chute a travers la végétation trop dense, mais le grondement de l'eau qui tombe se fait de plus en plus fort. On commence meme a sentir la bruime de la cascade percer a travers les arbres...
On atteint enfin le mirador et la pause est esquise !

salto_angel__8_ salto_angel__1_

Devant nous se dresse la grande chute d'eau, personne ne dit rien, on est sous le charme. Toute cette eau qui vient uniquement de la pluie qui tombe sur l'Auyan Tepuy (c'est le plus grand des tepuys, avec une surface de 700km2). Le spectacle de la nature dans toute sa puissance est impressionant !

salto_angel__9_ salto_angel__10_

Derriere nous le tepuy continue a zigzaguer dans de grandes bandes, au debut du siecle dernier des savants pensaient que du fait des grandes falaises il y avait toute une vie qui s'etait developpé séparemment du reste des ecosystemes sur ces plateaux et qu'il etait encore possible de retrouver des dinausores coincés la-haut (ce qui inspirera a Conan Doyle son roman The Lost World, Le monde perdu). En réalité seuls quelques especes vegetales sont specifiques a chaque tepuy, n'ayant pas pu passer du haut d'un tepuy a la foret en bas, ni d'un tepuy a l'autre...
De notre coté on reprend un peu notre souffle avant de continuer, et on profite de la vue et du soleil !

salto_angel__15_

Comme nous ne sommes pas nombreux Dimitrio nous propose de nous amener jusqu'a la paroi meme de la cascade, via un chemin plus ou moins praticable a travers arbres, rochers et hautes herbes. Donald (78 ans) n'a pas pu venir avec nous et a du rester au camp. Genevieve (73 ans) est montée avec nous jusqu'au mirador avec une impressionante dexterité, a chaque racine ou chaque rocher j'avais peur qu'elle ne tombe mais non, et elle ne semble meme pas fatiguée ! Mais pour autant la derniere partie jusqu'a la paroi est beaucoup plus difficile et donc elle nous attend au mirador.

salto_angel__11_ salto_angel__12_

Arrivés au mirador (non sans peine, et avec un rythme bien soutenu imposé par Dimitrio. En plus ça glisse a mort et je sens que mon genoux travaille alors je redouble de prudence en m'accrochant aux branches qui pendent un peu partout... tout en flippant sur l'histoire de Marion et de son serpent mortel couleur arbre qui pendait dans la jungle comme une branche pres a vous tomber dessus !) on se retrouve dans une pluie de bruime (l'eau de la chute ne touche pas le sol comme une cascade normale, car a cause de la distance elle se repand en bruime avant d'arriver en bas. Ce n'est que quelques metres plus bas que la riviere se reconstitue avec toute la bruime glissante sur les rochers).

Pour finir on descend en bas de la chute, ou une sorte de piscine naturelle s'est créée et bien que l'eau soit bien fraiche on se baigne tous dedans, tout en faisant bien attention aux courants du fond qui sont tres puissants sous l'effet de l'eau qui tombe et passe sous les rochers...

salto_angel__13_ salto_angel__14_

Nous retournons juste a temps a 16h au campement pour prendre notre repas de midi tant désiré apres l'effort, juste au moment ou le ciel se couvre et que la pluie se met a tomber...
Petite pensée pour les gens qui etaient dans le meme hotel que moi et qui ont pris leur tour directement a cet hotel (plus cher) et que j'ai croisé en train de commencer l'ascension au moment ou il commençait a pleuvoir et ou j'arrivais moi en bas... Ils n'auront rien vu et non seulement ils n'auront pas profité du spectacle, mais en plus ils auront galérés a mort sous la pluie...

Pour s'occuper dans la fin d'aprem sous la pluie, nous faisons tous une petite sieste, puis je fais un jeu de dominos sur du papier afin d'apprendre a jouer aux autres. Finalement nous reprenons le cours de nos discussions sur les indigenes de la region. Dimitrio nous apprend quelques mots dans sa langue :
wakö pero man = merci beaucoup
airö = adieu
warpö = nuit, weï =soleil, kapui = lune
et il nous raconte l'evolution du nom des chutes...
Je continue la discussion avec Silvia et Ricardo sur l'Espagne... pendant ces 3 jours je n'aurais parlé qu'en espagnol (a part un peu de français quand meme avec Daniel et Genevieve) et je suis un peu le traducteur officiel entre Dimitrio, Silvia, Ricardo et Daniel et Genevieve... Au final je me suis rendu compte que j'etais enfin capable de tenir une discussion en espagnol et j'en suis bien content !!!

Seule petite anecdote au cours de la soirée : une invasion de fourmis. Seule Silvia se sera fait mordre un peu partout sur les jambes. C'est grace a ça en fait qu'on s'en est rendu compte car il faisait nuit et on n'avait rien vu... on a alors passé nos bougies un peu partout autour de nous et on a vu des colonnes de milier de fourmis de plusieurs dizaines de metre de long sur 2m de large (tres impressionant !).
Nos hotes indiens (pied nus... j'ose meme pas imaginer les morsures des fourmis... pour avoir testé je sais que ça fait hyper mal) se sont jetés sur des bidons d'essence et les ont arrosé avant de les faire bruler...

Posté par raphael giraud à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Campement dans la jungle au pied de l'Auyan Tepuy

Nous remontons tous dans une nouvelle pirogue et continuons de remonter le rio Carrao en direction de l'Auyan Tepuy qui est encore loin de nous, au loin nous apercevons d'autres lagunes et d'autres tepuys au milieu d'une vegetation type savanne.

rio_carrao__1_ rio_carrao__2_

Pour profiter de la nature environnante nous faisons une petite escale ou nous coupons a travers terre. Je suis chanceux, le chemin est quasiment entierement en sable ou en terre battue et non seulement je ne souffre pas trop d'être pied nu, mais tout le monde se met pied nus comme moi pour profiter de la balade.

rio_carrao__3_ rio_carrao__4_

Sur la photo a droite vous apercevez comme nous le voyons a ce moment la au loin l'Auyan Tepuy, recouvert d'un couvercle de nuages. Auyan veut dire en indien "la montagne du démon" car les indiens pensaient qu'il y a avait un démon qui vivait caché en haut et que c'est lui qui crachait la fumée (les nuages en fait) qui reste accroché quasiment tout le temps au sommet de la montagne. Dimitrio nous explique qu'il faut qu'on se dépêche car il risque de faire nuit avant qu'on arrive au premier campement ce qui est dangeureux pour naviguer car l'eau etant peu profonde il y a plus de risque de ne pas voir un rocher qui pourrait nous faire renverser, et qui plus est s'il pleut nous risquons d'etre trempé...

rio_carrao__5_ rio_carrao__8_

Nous remontons dans la pirogue assis les uns derriere les autres, il commence a faire sombre, la savanne a laissé la place a la jungle, il n'y a pas de bruit en dehors de celui du moteur hors-bord qui nous propulse. Il commence a pleuvoir un peu et soudain on s'arrete et les 3 indiens se couvrent de grands sacs poubelles noirs, avec juste de petits trous pour les yeux... Tiens il doit y avoir une bonne raison surement ! On les imite plus ou moins et moins de 2mn plus tard on se retrouve sous un véritable déluge qui nous fouette le visage avec la vitesse de la pirogue... heureusement qu'on a nos k-ways poubelles, mais on est quand meme trempés jusqu'au os, cramponnés au bord de la pirogue.

Nous arrivons au bout de 2h au campement de notre premiere nuit (celui de la photo de dessus et le 2nd) et nous ecroulons dans nos hamacs apres s'etre changés (heureusement on etait encore tous en maillot de bain dans le bateau) et avoir dévorés notre repas du soir !

Nous sommes éclairés a la bougie et il n'y a pas grand chose a faire le soir alors on discute avec Dimitrio.
Il nous explique que les indiens parlent toujours dans leur propre langue, le pémon, que les enfants vont a l'ecole dans leur langue et que l'espagnol est une 2eme langue que peut savent bien parler finalement.
On lui pose plein de questions sur sa tribu, ils sont quand meme 15000, et ils nous raconte pleins d'histoires sur ses ancetres, sur la jungle, sur les allemands qui se sont réfugiés dans cette jungle apres la 2eme guerre mondiale, sur des chercheurs d'or et de diamants qui avaient decouvert des tresors dans la montagne sans jamais en révéler le secret de leur emplacement, sur sa tante qui a 20 enfants (et oui ici c'est comme dans certaines tribus africaines : les filles sont mariées a l'age de 10 ou 11 ans a des hommes de 20 ou 30 ans. Elles ont leur premier enfant des qu'elles peuvent physiquement en avoir un, a savoir vers 12 ans, et s'arretent d'en avoir quand elles ne peuvent plus... ça fait réfléchir !!!!). Il nous parle des animaux qui vivent dans la jungle, des rivieres ou on peut pêcher et de celles empoisonnées par les mines alentours (il y a effectivement des mines d'or et de diamants dans la region), etc... c'est captivant mais sur les 23h nous sommes tous rattrapés par la fatigue et allons nous coucher !

rio_carrao__6_ rio_carrao__7_

Lendemain levé a 6h30, la brume se leve et fait place au soleil. Mon appareil me fait la deuxieme blague du sejour : l'objectif est couvert de buée... impossible de prendre une photo, mais heureusement je le laisse sécher au soleil et la buée disparait. Apres un rapide petit dej nous remontons de nouveau dans la pirogue pour 2 nouvelles heures de bateau qui nous amenent au 2nd campement, au pied du Salto Angel. Le trajet est cette fois-ci plus agreable que la veille meme si la pirogue tourne dans tous les sens au rythme de la riviere. Je discute avec Daniel qui me raconte toutes ses peripéties de voyage. Il est allé un peu partout en Amerique du Sud et en Asie. Il me raconte comment il a vecu le raz de marée l'année derniere en Inde et comment il est resté 2 mois de plus pour aider aux reconstructions, c'est super interessant !

rio_carrao__9_ rio_carrao__10_

En route nous apercevons une pirogue fendue en deux, on se fait quelques mauvaises blagues du style que ça peut nous arriver pour nous faire peur, et on demande ce que c'est pour savoir quand meme, a Dimitrio. Il nous explique que c'est la pirogue du groupe d'allemand qu'on a croisé a Canaima en arrivant. Que le conducteur n'avait pas vu un rocher sous l'eau qui a fendu d'un seul coup la pirogue, projetant tout et tout le monde a l'eau. Pas de blessé, mais tous les sacs ont ete perdus (il y a beaucoup de courant), y compris passeports, appareils photos etc... ça nous refroidis un peu !

Nous arrivons enfin, et apres avoir posé nos affaires dans ce nouveau campemement nous nous preparons pour 5h de marche aller-retour dans la jungle pour aller sous la chute du Salto Angel tant qu'il fait encore beau !

Posté par raphael giraud à 11:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Salto Sapo

salto_sapo__12_

Ci-dessus vue sur la lagune de Canaima depuis le haut des chutes du Salto Sapo, avec un arc-en-ciel qui se forme dans la bruime formée par les chutes et au loin les premiers tepuys de la region.
En fait c'est Andreas (le suisse de Ciudad Bolivar) qui m'a fait decouvrir le logiciel autostitch (téléchargeable gratuitement sur : http://www.autostitch.net) hyper simple d'utilisation et qui permet de creer des panoramiques a partir de plusieurs photos qu'il assemble lui-meme... ça rend super bien !

Nous rejoignons avec la pirogue l'autre coté de la lagune et parcourons tranquillement un petit chemin qui nous amene au pied de la chute d'eau. Notre guide a été prévenu tardivement et il stress pas mal car il est deja 15h et qu'il a peur que nous arrivions trop tard au camp dans la jungle, ce que nous ne saisissons pas vraiment sur le coup mais que nous comprendrons bien quelques heures plus tard (voir message suivant !). En attendant nous flanons le nez au vent, tandis que Dimitrio indique a Donald qui a un peu de mal a marcher un itinéraire raccourci pour lui eviter les passages difficiles.

salto_sapo__1_ salto_sapo__2_

Arrivés au pied de la chute nous découvrons un passage taillé dans la roche qui passe SOUS les chutes en elles-memes. Nous enlevons nos vetements pour garder notre maillot... pourquoi on va etre mouillé ? Non on va être litteralement trempé ! Au debut le passage est bien en retrait et il n'y a qu'une petite bruime qui s'agite dans le souffle de la cascade, mais au fur et a mesure qu'on se rapproche du milieu de la chute, le débit de l'eau devient de plus en plus puissant et le passage de plus en plus etroit.
Sur ce je fais demi-tour pour demander au guide s'il est possible de traverser pour être sur avant de prendre des risques inutiles, mais il me confirme que oui. Je retourne alors au milieu de la chute, les pierres sont couvertes de mousses et glissent a mort, je me cramponne a une corde qui guide le chemin et continue d'avancer. Au bout d'un metre ce n'est plus de la bruime mais carrément l'eau de la chute qui me tombe dessus de toutes ses forces me labourant le dos. Je n'y vois absolument plus rien car le souffle me projete l'eau dans les yeux et je trébuche plus ou moins sur les rochers sous mes pas, mais je continue d'avancer serrant la corde de toutes mes forces pour passer de l'autre cote. Soudain ça y est il n'y a plus d'eau et je suis sur l'autre versant... il s'en est fallu de peu pour paniquer au passage sous l'eau !

salto_sapo__3_ salto_sapo__4_

Dimitrio nous expliquera qu'il y a 2 ans un australien qui avait un peu picolé pour fêter la promenade a glissé et qu'ils ont retrouvé son corps seulement 3 jours plus tard dans la lagune... ah oui quand meme !
Enfin pour se remettre de nos emotions on seche tranquilement au soleil en observant la chute et la lagune, puis nous nous remettons en route.

salto_sapo__5_ salto_sapo__6_

Nous prenons un petit sentier qui nous amene au-dessus des chutes ou nous retrouvons Genevieve et Donald qui sont venus la directement car ils ne pouvaient pas traverser la chute. Niveau sécurité c'est pas vraiment ça non plus... on peut marcher tranquillement sur les bandes de rochers qui descendent comme des marches jusqu'au bord meme de la cascade.

salto_sapo__7_ salto_sapo__10_

La vue est superbe avec en dessous de nous la lagune et au loin les tepuys, il fait beau, j'ai envie d'aller partout ou il est possible d'aller mais Dimitrio nous demande de nous depecher pour ne pas arriver trop tard au campement... alors j'obeis et je rejoins les autres. C'est a peu pres a ce moment la qu'une de mes tongues se déchirent et que je me retrouve sans chaussures pour le reste de la marche jusqu'au campemement (ou nos sacs enfermés dans des plastiques pour les protéger de l'eau ont ete amenés).

salto_sapo__9_ salto_sapo__11_

C'est pas grave, je continuerai pied nus... :o)

Posté par raphael giraud à 10:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La lagune de Canaima

A l'aeroport je rencontre Daniel. Il me demande en luttant en espagnol si on a survolé le Salto Angel en venant... je lui demande s'il prefere qu'on parle en anglais et lui explique que non nous n'avons par survolé les chutes car elles n'etaient pas sur la route du vol... Ce n'est que 5mn plus tard alors que je serai en train de parler avec Genevieve en français qu'il me dira "ah ben t'es français ?" on n'avait pas capté ni l'un ni l'autre pendant qu'on s'etait parlé en anglais (je croyais qu'il etait allemand... je sais pas pourquoi...).

canaima__1_ canaima__2_

Pour notre bonheur les nuages s'eclipsent et laissent la place a un beau soleil. Nous découvrons le camp principal de l'organisateur Tiuri tour... 180 hammacs, des camions pour transporter les hordes de touristes, ici c'est carrément l'industrie du tourisme (quand on voit les tarifs pour 3 jours ils doivent se faire un fric monstrueux !), heureusement on est hors saison et a part un groupe d'allemand qui part lorsqu'on arrive on est au final un groupe de 7 personnes : Genevieve et Donald, Ricardo et Silvia, Daniel et moi, et enfin notre guide, Dimitrio, un indien de la tribu Pémon qui vit dans la jungle.

canaima__3_ canaima__4_

Apres un repas que je qualifierais de "comme a la cantine" nous poirautons un peu en attendant que Dimitrio arrive pour partir et enfin commencer la promenade, et nous nous baladons aux alentours pour voir a quoi ressemble la lagune de Canaima.
C'est a ce moment la que mon appareil photo me fait la premiere blague du sejour : les piles sont mortes (apres 1 semaine d'utilisation !). On me dit qu'il y a une boutique pas loin qui vend un peu de tout... mais je n'ai pas non plus amené beaucoup d'argent car en principe tout est prevu dans le prix et que je ne m'attendais pas vraiment a des depenses supplementaires... Daniel me propose sympathiquement de m'avancer de l'argent s'il m'en manque, mais finalement j'en aurai assez... ouf ! Je voyais deja le coup d'ariver ici pour me rendre compte que je ne pourrai pas prendre de photos !

canaima__5_ canaima__6_

En fait Canaima etait un village indien comme un autre, mais il a ete transformé en resort et camp de base pour tous les tours operateurs qui font partir leurs clients d'ici. C'est une grande lagune avec d'un coté des palmiers qui ont les pieds dans l'eau et de l'autre cote 6 chutes d'eau les unes a cote des autres. L'eau est rouge a cause du tanin qu'il y a partout dans le sol (ça n'empeche pas les touristes de s'y baigner et les indiens locaux d'y laver leur linge et eux-memes...). Il y a quelques jolies plages de sable beige...

canaima__7_ canaima__8_

Les fans de Patriiiiiiiiiiiiiiiiiiick reconnaitront surement l'endroit, car c'est la qu'a ete tourné le film "Le Jaguar" (1996 de Francis Veber, avec egalement Jean Reno...) mais que personnellement je n'ai pas vu...

Enfin Dimitrio arrive et nous embarquons tous dans la pirogue, destination notre premiere étape : le Salto Sapo !

Posté par raphael giraud à 10:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


En route pour Canaima !

J'arrive jeudi matin a 7h30 precise, comme prévu, a l'agence Adrenaline... Je me suis un peu dêpéché pour rien car ici tout le monde prend son temps et je feuillete les revues de voyage jusqu'a 9h ou on nous donne un petit dejeuner bien consistant. Ensuite Maria nous emmene en taxis a l'aeroport de Ciudad Bolivar. Peut-etre que "aeroport" est un bien grand mot pour l'endroit... perso j'aurai dit "aerodrome" si vous saisissez la nuance !

vol_aller__1_ vol_aller__2_

Etant au fameu aeroport, et ayant encore un peu de temps, j'en profite pour aller voir l'avion de Jimmy Angel, le pilote qui a decouvert les chutes par hasard et qui a donné son nom justement au Salto Angel. C'est donc avec cet avion (photo a gauche) qu'il s'est posé en 1937 sur l'Auyan Tepuy (par hasard, contraint par une tempête alors qu'il transporté un chercheur d'or) et qu'il a découvert les chutes... Il lui aura fallu ensuite 20 jours pour descendre du Tepuy, traverser la jungle, descendre la riviere jusqu'au premier village indien. Il y retournera 2 ans plus tard avec un autre avion, et il s'y ecrasera sans en rechapper cette fois-ci...

De mon côté c'est une agreable surprise : j'ai payé un tour avec les 3/4 du voyage en bus (car moins cher), mais comme l'avion est rempli et donc rentabilisé, je fais le voyage en avion directement ! Ça tombe bien, je suis super exité a l'idée de monter dans ce petit Cessna et de faire une bonne heure de navigation dedans !

vol_aller__3_ vol_aller__4_

En réalité il y a 2 principales tour operateur qui s'occupent des voyages pour Canaima (base de depart du trek pour le Salto Angel), a savoir Tuiri tour et Bernal Tour. Toutes les agences de voyage utilisent donc un de ces 2 tours. Du coup notre avion est sous la coupole de Tuiri tour, mais rempli de personnes venant d'autres agences que la mienne... Avec moi, venant de la meme agence, Genevieve et Donald, couple franco-canadien, et Ricardo et Silvia, couple espagnol qui debarquent directement d'une nuit de bus, frigorifiante selon leurs dires, et ils n'ont pas l'air top en forme !!!

vol_aller__5_ vol_aller__6_

Je suis chanceux, je monte a la place du copilote (je m'y croirais !). Et juste avant de fermer les portes du coucou, Silvia panique et refuse finalement de partir, demande a redescendre de l'avion qui lui semble bien trop vieux et petit pour être sûr :o)
Le pilote lui explique que ça fait 30 ans qu'il pilote ce type d'avion et qu'il n'a jamais eu de problemes. Tout le monde y va de son commentaire et Ricardo essaie de la rassurer... Finalement elle accepte de rester et nous voila sur la piste de decolage. Elle se cramponne de toutes ses forces a mon siege (elle est assise derriere moi) qu'elle ne lachera pas du voyage :o)

vol_aller__7_ vol_aller__8_

L'avion etant tout petit nous volons a assez basse altitude, ce qui nous permet malgré les nuages de bien apercevoir tout le paysage. D'abord les favelas de Ciudad Bolivar, qui s'effacent vite pour laisser la place a de grands espaces verts mais desertiques avec quelques buissons ça et la et des chemins de terre. Puis viennent les innombrables marais. Le pilote a mes cotes joue au guide touristique, il me montre toutes les 5mn un truc du doigt en me criant ce que c'est dans l'oreil "el rio machin", "una mina de oro" etc... mais le bruit de l'helice et du souffle crée un véritable brouhaha et je n'entends quasiment rien alors je leve la tete et fais oui oui pour lui dire que j'ai bien compris et nous poursuivons notre route.

vol_aller__10_ vol_aller__11_

Finalement les marais s'affinent en rivieres, les bosqués en véritable jungle, super dense (on ne voit que le toit de la foret, il est totalement impossible de discerner le sol sous la vegetation !).
Enfin on aperçois les premiers Tepuys (photo de droite), fameux plateaux élevés tels des montagnes et entourés de part et d'autres de falaises abruptes.
Puis nous apercevons la lagune de Canaima et ses chutes d'eau, et nous nous posons presque sans problemes... juste une petite incomprehension apparement des pilotes ou de la tour de controle puisqu'au moment ou nous touchons le sol nous voyons un autre coucou en train d'atterir pile en face de nous, ce qui force notre pilote a finir l'atterissage sur le bas cote en terre de la piste, micro colé sur la bouche a s'engueuler avec l'autre pilote !

Enfin le voyage s'est bien passé et Silvia relache mon dossier de siege avec soulagement !

Posté par raphael giraud à 09:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

01 février 2006

Ciudad Bolivar

Ciudad Bolivar, Rue Bolivar, Plaza Bolivar... vous avez dit Bolivar ou j'ai mal entendu ? Difficile de passer outre le nom recurrent du coin... le liberateur de tout le nord de l'Amerique du Sud qui avait edifié son camp de retranchement dans cette ville, coloniale par exellence si l'on peut dire, avec ses rues tranquilles et colorées qui descendent vers le grand fleuve de l'Orénoque !

bolivar__6_ bolivar__8_

J'ai dit tranquille ? Plus ou moins dès que la nuit est tombée ! Voire peut-etre meme trop tranquille ! J'arrive en fin d'apres-midi dimanche dans la ville en pleine animation et passe mes premieres heures sur le net (apres 1 semaine sans connection j'avais du retard !) et me voila bredouille a 21h sans rien a manger... sur ce je decide d'aller voir dans les rues autour (je suis en plein centre) s'il n'y a pas un truc ouvert pour acheter a manger... Pas vraiment en realité... tout est fermé, pas un chat dans les rues noires... Pas un chat mais un type louche, style cireur de chaussures qui m'aborde pour que je lui file de la tune... je lui dis que j'ai rien il me repond qu'il a faim (ce qui est surement vrai !), mais bon je n'ai vraiment pas grand chose... il me suit pour me demander de lui acheter a manger (mais il sait bien que tout est fermé evidemment) et moi je presse le pas pour retourner dans mon auberge ! Soudain il m'attrape le bras et me dit de lui filer 2000 bolivars (ce qui vaut vraiment rien) mais c'est une feinte pour que je sorte mon porte-monnaie et qu'il prenne tout biensur ! Je lui repond que j'ai rien a lui donner, il me dit qu'il a un pistolet dans son pantalon, je lui dis que je comprends pas ce qu'il me dit (mais comme il a rien il peut pas me montrer son fameux pistolet), commence a me fouiller de force, s'emparre de mon porte-monnaie que je rattrape de justesse, il souvre, le malheureux se jette sur une liasse de billets qui depasse... on lutte tous les 2 pour recuperer la liasse que je finis par lui abandonner au bout de quelques secondes... et le voila qui s'enfuit en courant...

Montant du butin pour lui et de la perte pour moi : 4000 bolivars, soit a peu pres 1€70... tout ça pour ça !
Enfin je m'en suis bien sortit (juste bon pour une soiree a jeun) et c'est une experience qui aurait pu être pire !

bolivar__2_ bolivar__9_

Pour autant je ne suis pas trop traumatisé et dès le lendemain je me mets en quete des agences de tourisme pour comparer les prix des treks pour la Gran Sabana et le parc de Canaima... mais en gros tout le monde propose la meme chose et c'est cher pour mon budget de backpacker... mais ce serait trop dommage de passer a cote des chutes du Salto Angel !!!

bolivar__11_ bolivar__13_

Je finis enfin par trouver quelque chose qui me plait plus ou moins, et pour regler les dernieres formalites avant de partir je fais un saut chez le coiffeur (mes cheveux avaient suffisament repoussés, mais carrement en vrac) pour corriger la derniere coupe desastreuse du Nicaragua et cette fois-ci c'est reussi (je me sens un nouvel homme !) et achete mon billet de bus pour Manaus...

A part ça l'auberge ou je suis est bien sympa, je reste dans un hamac (cf photo ci-dessous). Parmi les rencontres, un australien de 53 ans qui travaille un peu partout dans le monde pour des assoces non gouvernementale, un anglais qui part rejoindre un ami en Equateur pour descendre dans un coucou jusqu'en Antartique, et Andy, un suisse bien sympa qui m'apprend la cuisine et qui descend sur le meme trajet que moi (y a donc de grandes chances qu'on se revoit, a commencer par Manaus !).

bolivar__5_

Petite surprise hier soir : c'etait l'anniversaire d'une des personnes qui travaillent ici (75 ans) et la musique a battu son plein... il n'y a avait quasiment que des femmes (malheureusement pas les plus belles et pas trop dans mon age, mais c'etait pas tres grave) et les quelques hommes presents avaient renoncé a danser... du coup je me suis retrouvé quasiment pris en otage pour les faire danser et elles etaient hystériques de voir que j'etais capable de danser (elles m'avaient inviter pour rigoler car comme elles me l'ont expliqué, generalement les touristes dansent comme des breles !) et elles ne m'ont pas laché de la soirée... j'etais mort !

Voila maintenant je suis prêt ! Je pars demain matin de bonne heure pour le Salto Angel, trajet en bus, avion (Cesna), pirogue, rando... sur 3 jours, donc ça va être j'en suis sur un truc de malade !!! En rentrant je prends le bus directement pour Manaus... 26h d'affilée (aie !!!) direction le prochain pays... le Bresil !

bolivar__19_ bolivar__23_ bolivar__24_ bolivar__30_
bolivar__31_ bolivar__39_ bolivar__37_1 bolivar__40_
bolivar__42_ bolivar__43_ fenetre__12_ bolivar__55_

Posté par raphael giraud à 13:07 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

30 janvier 2006

Expédition a Santa Fé

Ca fait quelques jours que je n'ai pas pu me connecter a Internet, ici il n'y a rien evidemment, mais on m'a dit que je devrais trouver des connections a Santa Fe alors je decide d'y aller samedi, de toute façon la plage ici est bondée et je suis pas fan de l'entassement !

mochima__23_1

Je reprends donc le classique por puesto qui fait la ligne Puerto La Cruz - Santa Fé, et en quelques minutes d'une route qui longe la mer, me voila dans la petite ville de Santa Fé.

En vrai j'imaginais ça un peu plus grand, mais c'est juste une ville de pêcheurs, avec de grandes rues chaudes et en terre qui menent a la mer. En arrivant on sent une tres forte odeur de poisson qui a passé des heures au soleil voir des jours dans le caniveau sur le bord de la rue, et l'odeur vous prend bien des narines jusqu'au ventre, j'avais une bonne envie de vomir !

mochima__27_ mochima__28_

Enfin la plage en soit, pas tres grande est plutot jolie (nettoyée tous les jours). Evidemment il y a les pêcheurs et leurs barques, il y a (et c'est peut-etre le plus amusant) des dizaines de pélicans perchés sur les bateaux tels des capitaines au long court, qui guettent la mise a l'eau de dêchets de poisson, il y a aussi pleins de touristes (la plage est bordée par une série de posada et de restaurants ou paillotes), et des gamins qui jouent au baseball (sport national ici... hé oui c'est le seul pays d'Amerique du Sud a se passioner pour ce sport, "beisbol") avec un bout de bois et une balle en caoutchou... le tout sur un espace de 100m de long et 3m de large... ici aussi c'est serré (mais j'imagine que c'est plus calme en semaine !).

mochima__29_

Apres une petite balade et un petit repas rapide avec des crevettes dans une paillote, je me mets en quete de mon cafe internet...

Et la je retrouve une bonne caractéristique du continent central/sud americain : personne ne dit qu'il ne sait pas. J'apprends de plusieurs sources qu'il n'y a qu'un seul cafe internet, mais tres lent... tout le monde donne une direction, fausse une fois sur deux, et je me retrouve a faire quatre fois la meme rue dans un sens et dans l'autre, a demander a un vieux qui en fait est bourré et qui me dit n'importe quoi, pour finalement demander par hasard a un restaurant ou c'est, quand on me dit que c'est justement la, dans la salle de derriere (il n'y a rien écrit nulle part evidemment...). Je rentre heureux d'avoir enfin trouvé, on m'explique que c'est tres lent (je savais mais la je commence a avoir un peu peur !), et me connecte...

Au bout de 3mn la page de mes mails s'affiche, je clique sur le mail suivant, 3mn, 5mn, 10mn d'attente... euh... lent je veux bien mais la ça ne marche plus du tout... ah oui c'est vrai me dit la patronne, ben changez d'ordinateur alors... idem, j'aurai fait tous les ordis de la salle pour qu'elle comprenne que c'etait sa connection et pas les ordis qui ne fonctionnait pas... et me voila dans l'impossibilité de lire mes mails... Raison pour laquelle je n'ai pas pu donner de nouvelles la semaine derniere...

Me voila desormais a Ciudad Bolivar, dans le sud du pays, le parc Mochima c'est fini (vous pouvez voir les photos dans l'album mis a jour a droite), direction le parc Canaima avec ses Tepuis et ses chutes d'eau, avant de rejoindre le Bresil !

Posté par raphael giraud à 18:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Sortie en boite, le Windsor local !

Samedi soir, tout le monde est couché, apres avoir profité d'un grand film sur le cable -Le Transporteur- (mais au moins et meme si je l'avais deja vu, je me suis bien marré), je suis dans la cuisine exterieur a me faire tranquillement a manger, il est a peine 21h30... Au loin j'entends une musique de discotheque qui retentit...

Je n'avais pas vraiment prevu de sortir comme un taré dans mon programme, mais evidemment en entendant cette musique je suis intrigué ! Alors des que j'ai fini de manger, je vais voir le proprio et lui demande ce qu'il en est... c'est ou ? c'est quoi ? y a du monde ? c'est bien ? etc... Il m'explique que c'est a 3 rues d'ici, qu'il y a pas mal de monde du village effectivement mais il me conseille de ne pas m'attarder la-bas car "ils n'aiment pas trop les étrangers" me dit-il... Bon de toute façon il est trop tard, desormais je veux savoir a quoi ça ressemble !

Et me voila parti (sans rien sur moi a part un peu de monnaie, au cas ou le proprio a raison et que je me fais aggresser...) vers la fameuse discotheque dont je ne connais meme pas le nom.

Il me semble soudain que je suis arrivé, je vois au loin dans un champ une terrasse, des paquets de jeunes, de la lumiere, et beaucoup de musique... ce serait donc une boite en plein air... mais ou est donc l'entrée avec les videurs et tout ça ?

Je cherche mais je ne trouve pas... sur le bord il y a une baraque ouverte avec de la lumiere avec des gens qui s'y dirigent... alors je me dis que peut-etre il faut traverser la maison pour acceder a la fete... mais les gens referment la porte et je comprends en fait qu'ils rentraient juste chez eux et que j'ai failli rentrer dans leur baraque sans raison... ce qui aurait été difficile a expliquer ! Ouf je m'en sors bien !

Finalement apres un peu d'observation je comprends qu'il n'y a tout simplement pas d'entree formelle... et qu'il suffit de longer le sentier en bord de champ pour acceder a la fete !

Et me voila, seul touriste au milieu d'a peu pres toute la gente masculine du village... je pense qu'il devait y avoir moins de 10 filles en tout. Je peux pas dire que je me sentais super a l'aise, mais maintenant que j'etais la je pouvais pas partir tout de suite...

Tout d'un coup un sentiment de deja vu, deja connu... mais oui bon sang ! C'est le Windsor local ! (comprendrons ce qui pourront... c'est le nom de la plus grosse boite de Dordogne... a voir si vous passez dans le coin !). Je vois des gamins de 14 ans a des mecs de 45 ans... j'ai un peu l'impression qu'on vient la en famille ! Cote dress code, laissez tomber les jeans fashions, chaussures qui brillent, ici c'est tongue voir pas de chaussure du tout, bermuda et marcel !

Les jeunes sont a droite sous l'esplanade en train de danser, les anciens sont a gauche en train de jouer a la petanque. Tout le monde picole de la biere a flot.

Par reflexe je me dirige vers le coin "jeune", commande une biere et m'appuie au mur pour observer la piste de danse, comme 4 autres mecs a cote de moi (j'essaie de me fondre un peu dans la masse). Un gars arrive, tape la main a tout le monde, je suis dans le lot, il ne se pose pas de questions, je suis dans le groupe (sinon qu'est-ce que je pourrais bien faire d'autre ici... ? son raisonnement a du sens...) et me tape la main, en haut en bas, sur le cote... bref, chaque groupe de jeune, ici comme en France a une maniere particuliere de se claquer les mains pour se dire bonjour... evidemment je capte que dalle a ce qu'il veut faire, je lui serre la main quand il veut me claquer la main et inversement... mais je fais le mec sur de moi et ça passe bien :o)

La piste de danse est plutot deserte... seul un couple qui danse sur du reggeaton (musique latino sur rythme de rap US pour ceux qui connaissent pas... la seule musique qu'on entend de Mexico City a Ushuaia j'ai l'impression !)... C'est marrant parceque meme une fille sur qui on ne se retournerait pas dans la rue, devient fantasmatique quand on la regarde danser ! Enfin la piste devient reellement completement vide, et je me decide a passer du cote pétanque...

Les regles sont strictement identiques a celles qu'on a en France, mais les boules sont differentes : en plastique plein, 2 fois plus grosses...

Apres quelques minutes, j'ai l'impression de me retrouver dans une scene de Pagnol version amerique latine...

A chaque phase de jeu tout le monde se retrouve sur le terrain et discute a n'en plus finir, en feintant de s'ennerver, avec de grandes phrases (ils parlent espagnol et j'ai quand meme l'impression d'entendre l'accent du sud !), de grands gestes, reprenant son souffle avec une bonne gorgée de biere bien fraiche, on aligne des bouts de bois a n'en plus finir pour comparer les longeurs entre boules et cochonet, et puis sur decision generale on se remet a jouer, le lanceur s'elance, la boule jaillit... paf ! Il a pointé et dégommé la boule concurrente, ses coequipiers lui mettent de grandes claques dans le dos, il se redresse et regarde fierement l'equipe adverse avec défit l'air de dire que son honneur bafoué lors du débat precedent sur qui a la boule la plus proche est desormais vengé par sa pleine maitrise du jeu... il jubile, je jubile ! Le mec d'a côté me parle pour commenter le jeu, je capte rien, je le regarde et reconnait le pecheur qui nous a emmené la veille sur l'ile, je lui dis bonjour, lui souris et lui fait mon propre commentaire sur le jeu... il ne capte rien a ce que je lui dit, il me sourit et on trinque... une bonne soirée !

Bon apres tout ça ma biere est finie, personne ne danse, la partie de pétanque continue et je suis toujours le seul touriste... alors je décide de suivre les bons conseils du proprio de la posada et de rentrer me coucher, meme si je ne me sens pas du tout en danger, voir plutot meme en pleine reunion de famille !

Posté par raphael giraud à 17:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Piscina

Nous décidons avec Mélanie et Daniel de partir une journée sur une des iles qui nous fait face, la plus connue, celle que Jacques le proprietaire de la posada nous recommande, s'appelle la Piscina...

En fait il nous explique que ça s'appelle comme ça parceque du haut de la colline qui surplombe la mer, lorsqu'on regarde la piscina (en fait un bout de mer entre 2 iles) les fonds sont si peu profonds et il y a tellement de récifs et de sable que l'eau est bleu turquoise au milieu du reste de l'eau bleu foncée, un peu comme une piscine... bon j'ai bien regardé en passant en bus sur le haut de la colline, effectivement la couleur change mais je n'aurais pas vraiment pensé a une piscine... enfin !

mochima__7_ mochima__9_

Nous décidons de partir en semaine pour éviter qu'il n'y ait trop de monde, et tres tot le matin pour profiter du soleil qui est plus present en matinée (les nuages arrivent systématiquement sur les 13h/14h chaque jour...).

Nous voila donc parti vendredi matin a 8h avec nos sandwichs sous le bras, serviette de plage sur l'epaule pour demarcher un pêcheur qui pourrait nous emmener sur une des iles...

Chose facile, c'est plutot eux qui nous demarchent qu'a nous d'aller les voir et nous voila sur une petite barque, voguant sur une mer d'huile.

mochima__12_ mochima__15_

En fait les iles sont habitées, je ne dirais pas non plus que ce sont de vrais villages, mais quelques maisons en briques et en taules se suivent sur le bord de l'eau, avec des barques juste devant... Nous deposons justement une petite famille qui revient du continent pour se rendre chez elle.

Ensuite nous passons sur le lieu-dit meme de La Piscina, avec une curieuse ile minuscule et son habitation en ruine qui l'occupe entierement. C'est nous dit on le meilleur endroit dans le coin pour faire de la plongée et observer le récif...

mochima__13_ mochima__14_

Notre pêcheur nous dépose finalement sur un coté aménagé avec 3 plages successives... nous sommes les premiers ce matin, le plaisir de fouler le sable vierge de traces !

Nous voulons nous installer sur la plage la plus éloignée et la moins aménagée, mais un vieux monsieur sans dents est en train de la nettoyer et je crois comprendre (parceque c'est pas evident !) qu'on ne peut pas rester tant qu'il n'a pas fini... ainsi soit-il nous irons sur celle du milieu... ce n'est pas la place qui manque !

mochima__17_ mochima__18_

Je goute l'eau rapidement et retourne a ma lecture alongé sur ma serviette. Mélanie va gouter l'eau a son tour et ressort en criant... "méduse !"... Par la suite il s'averera que ça devait etre une meduse isolée plus ou moins et qu'elle n'aura pas eu de chances de se faire piquer...

La plage commence un tout petit peu a se remplir, une famille bresilienne de Manaus s'installe a cote de nous. Melanie et Daniel sont de nouveau dans l'eau avec leurs masques et me font de grands signes... je les rejoins et oh ! un bel hyppocampe qui se balade dans l'eau... En fait je n'en avais jamais vu dans l'eau, et je croyais qu'il se deplaçait tout droit et fier mais pas du tout ! Pour tromper les predateurs il flotte tel une feuille dans la derive, c'est marrant.

mochima__19_

Nous retournons nous secher et Daniel montre quelque chose du doigt dans l'eau en face de nous... une nageoire qui depasse par intervalle de temps (mon dieu Marion... un requin ?!? :o) hé non c'est un dauphin qui passe dans le coin...

mochima__20_1 mochima__22_

Quelques minutes plus tard je vois du brouhaha dans la famille bresilienne a cote de nous... c'est 2 iguanes qui viennent chercher de quoi grapiller a manger !

Je ne pensais pas que c'etait aussi gros en vrai ! Et aussi laid ! Un vrai petit dinosaure ! Un enorme lezard avec des epines sur le dos... beurk. Je lui donne un morceau de banane tendu par les bresiliens, et un d'entre eux se jette sur lui pour l'attraper (il aura l'avant bras un peu tailladé de partout parcequ'evidemment l'iguane aura essayer de se devattre pour s'echapper) et il me le met entre les mains... je souris pour la photo mais j'etais pas non plus top rassuré !!!

mochima__23_

Apres toutes ses emotions rien de mieux qu'un bon petit sandwich et de profiter des derniers rayons de soleil avant que les nuages pluvieux de l'apres-midi nous contraignent finalement a rentrer au bercail !

Posté par raphael giraud à 17:54 - - Commentaires [2] - Permalien [#]