28 avril 2006

Salinas Grandes

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Clou de la journée, ce que nous attendions tous le plus, les Salinas Grandes !

Seule Kirstie est déjà passée dans le désert de sel de Uyuni et sait donc à quoi ressemble une étendue blanche à perte de vue. Pour nous c’était la surprise totale !

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Enfin avant de pouvoir s’y rendre il nous faut passer un cap montagneux à plus de 4500m. C’est encore moi qui conduit mais ça ne me dérange pas car j’adore prendre tous ces virages bien serrés. Je double tout plein de camions qui vont tellement lentement que des fois je me demande s’ils ne sont pas complètement arrêtés. Ce qui n’est pas le cas de ceux qui arrivent dans le sens inverse, et qui descendent la montagne à fond la caisse. Je suis obligé de m’arrêter avant les virages car ils prennent sans aucune pitié toute la place en sachant qu’ils sont les plus fort !

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Arrivés en haut superbe vue : d’un côté la route qui serpente pour grimper la montagne, de l’autre la route ocre qui redescend dans la vallée déserte, avec au loin une grande tâche blanche qui correspond au salines. C’est bizarre car je devrais sentir l’effet de l’altitude mais pourtant je suis tellement exité que je ne m’en rends pas compte. Le seul truc dont je me rends vraiment compte c’est que ça caille à mort ! Avec un petit vent j’ai les yeux qui pleurent tout seul.

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Je descend la montagne à fond les ballons, impatient de découvrir le désert. Au fur et à mesure tout s’aplanit, tout devient sec. Juste les montagnes au loin, et puis plus que du blanc. C’est marrant car si vous allez sur la carte satellite, vous verrez parfaitement ce désert et la route qui le coupe, toute droite, en haut (j’ai mis une étiquette donc c’est facile à trouver).

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Arrivés vers le milieu de la route je sors du chemin pour m’enfoncer avec la voiture à l’intérieur du désert. Tout le monde saute de la voiture pour admirer le néant.

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Attention les yeux !!! A tous les sens du terme, non seulement parceque c’est beau mais aussi parceque la lumiére est tellement forte que ça brule et il nous faut porter nos lunettes de soleil impérativement !

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En fait c’est un grand lac salé qui s’est desséché et qui a laissé cette grande plaine de sel. L’eau en s’évaporrant a formé de grandes auréoles.

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Du fait que toute la lumière est complètement écrasée et que les ombres sont quasiment inexistantes, les distances n’apparaissent pas les mêmes qu’à l’habitude, et on en profite pour faire des photos marrantes où fait semblant de porter quelqun qui est en fait à quelques dizaines de mètres.

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Bon j’avoue que ça a été le passage photo de la journée, chacun posait devant l’objectif, on a fait plein de photos débiles, mais si ce n’était que ça…

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Je n’ai pas pu me retenir de faire des vidéos stupide aussi, du style tester le frein à main sur le sel, ou parcourir le désert les cheveux dans le vent assis sur le rebord de la fenêtre. Pour autant j’ai réussi à rester bien sérieux le soir même quand le propriétaire de l’agence de location de la voiture m’a demandé au moment où je lui ai rendu

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si tout c’était bien passé avec la voiture :o)

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En poussant un peu plus loin notre promenade on a réalisé que la saline était en fait exploité : ils ramassent le sel en en faisant des grand tas que des camions ramassent pour amener dans les usines de traitement. C’est un job bizarre car bien perdu au milieu de nulle part !

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Finalement nous laisson le désert derrière nous et retraversons la montagne pour retrouver notre route.

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Si je n’ai pas senti l’altitude à l’aller, je peux vous dire que je l’ai bien senti au retour : j’étais complètement dans les vapes, impossibles d’en sortir.

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Pendant qu’Andy conduisait j’entendais les autres parler, mais c’était comme un bruid sourd d’arrière plan… Heureusement je suis sorti de cet état létargique une fois de retour dans la vallée un peu plus bas, mais c’était quand même bien space !

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27 avril 2006

Le marché de Purmamarca

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Nouvelle journée, nouveau trajet ! L’objectif de la journée est de voir le village de Purmamarca au pied d’une colline surnomée la montagne aux 7 couleurs, les montagnes avoisinantes, et de pousser jusqu’aux Salinas Grandes, désert de seul argentin.

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Aujourd’hui nous sommes 4 car Tom nous rejoins. Seul problème, il s’est couché à 6h du matin après une soirée un peu trop arrosé, et nous nous demandons un peu ce qu’il fait à 8h30, après une bonne demie-heure de retard ! Finalement je vais le chercher et le découvre endormi dans son lit ! Arghhh… enfin il a été rapide pour se préparer et nous avons pu partir sans trop de retard.

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Au début nous voulions remonter vers le nord en longeant la voie de chemin de fer du Train des Nuages. Un des trains les plus connus d’Amérique du Sud, qui zigzaguent dans les montagnes entre l’Argentine et le Chili, grimpant à plus de 4500m d’altitude, avec plus de 38 ponts pour traverser les différentes vallées, mais la route est coupée et nous ne pouvons pas l’emprunter. Evidemment si j’avais pu prendre directement ce train je l’aurai fait, mais faute à pas de chance, les infrastuctures étaient devenues trop vielles et trop insécures et le train est arrêté pour 2 ans…

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Finalement nous remontons rapidement vers le nord par l’autoroute. Après la route exitante de la veille je trouve ces 2h bien ennuyantes, surtout que tout le monde dort à point fermé dans la voiture, et que je n’arrive pas à capter une seule maudite radio sympa pour me distraire !

Enfin nous empruntons la route des montagne, il n’y a quasiment plus d’autre voiture que nous. Le spectacle peut enfin commencer ! Les couleurs sont au rendez-vous :o) Même après en avoir pris plein les yeux la veille nous n’arrêtons pas de nous extasier à chaque virage, à chaque nouvelle vue, chaque nouvelle montagne, chaque nouveau jeu de couleurs.

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Le village de Purmamarca n’est pas très loin et nous découvrons tout un marché artisanal sur la place du village. Là encore c’est un concours de couleurs. Ça me rappelle un peu (mais juste un peu) le marché de Chichicastenengo au Guatemala, même style de tissus colorés entassés les uns sur les autres, mêmes si ici les couleurs sont moins flashies, les tissus plus brodés.

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En dehors des trucs à touristes du style bouteille de verre remplie des différentes terres colorées de la montagne, il y a aussi tous plein de pots à Maté sur les étalages. J'en ai deja parlé sur mes messages de Buenos Aires mais sans photos alors c'est dur de faire le rapprochement... Ce sont des pots a maté : sorte de tasse de thé locale si tu veux. Le maté c'est la boisson locale la plus répandue dans le sud de l'amérique du sud. Tout le monde se balade en permanence avec tout le matos pour le boire, a savoir : un sac d'herbe de maté (comme du thé), un pot, une grosse paille en fer spéciale, et un grand thermostat pour garder l'eau chaude... Ensuite ils mettent l'herbe dans le pot, verse l'eau chaude et l'aspire avec la paille... Chacun a son propre pot donc le look et l'origine a beaucoup d'importance. Pour autant c'est une boisson qui se partage, tout le monde sur le même pot avec la même paille... :o)

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Comme on n’est pas pressé on prend notre temps pour observer toutes les spécialités artisanales locales, même si on ne cherche pas à acheter quoique ce soit. Seule kirstie fait son étude de marché pour se trouver un pull en laine de je ne sais pas quoi. Perso j’aurai du mal à le porter, mais ça lui allait bien (ça doit dépendre des gens) et elle nous a garantie que c’etait hyper chaud et comfortable.

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Histoire de mieux admirer la vue nous grimpons sur une petite colline qui fait face au village. Je ne sais pas si il y a effectivement 7 couleurs dans cette colline (j’ai bien l’impression qu’il y en a plus !) mais dans tous les cas c’est clair que l’effet est là !

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En fait celle-ci est plus connue que d’autre car il y a un village juste à son pied, mais sur la route nous voyons tout plein d’autre colline de franges de couleurs différentes qui sont aussi jolie.

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Nous poussons un peu la route vers le village de Tilcara, bonne place à touriste également. Il es bordé d’une montagne complètement plissée et elle aussi de toutes les couleurs, mais ce n’est pas ça qui a fait sa réputation.

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Le village est connu car son cimetière a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco… pourquoi je n’en ai absolument aucune idée !

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Je veux dire c’est clair qu’il est assez intéressant, avec des petites croix qui parcourent toute une colline, et des fleurs kitsh en plastiques bleu et rouge flashie, mais il y a beaucoup d’autres cimetières comme ça dans le coin…

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Enfin ça valait quand même bien le détour, et en plus la route était normale et pour une fois ce n’est pas moi qui conduisait alors :o)

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25 avril 2006

En route pour Cachi !

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Levés à 7h du matin, nous allons chercher notre voiture avec kirstie et Andy. Coup de chance, ils n'ont plus la voiture pour laquelle nous avons signé le contrat et ils nous donnent le modèle au-dessus, à savoir

la Golf

locale, toute neuve !

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Objectif de la journée : relier le village de Cachi dans les hautes montagnes du sud de Salta et si possible pousser un peu plus vers le village de Molinos...

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On s'est renseigné à l'office de tourisme sur les conditions météo avant de partir : nuageux sur Salta, mais dégagé sur les plateaux au-dessus des montagnes.
Après
avoir risqué notre vie pour sortir de la ville, à coup de klaxon (ici c'est la loi du plus fort), nous arrivons enfin sur la longue route nationale qui descend vers le sud et traverse des villages à moitié mort... c'est pas gégé !

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Heureusement on quitte rapidement cette route de béton pour s'enfoncer dans les montagnes. Sur les premiers kilomètres on croise beaucoup de travaux pour bitumer le chemin, puis finalement nous arrivons sur le type de route qui nous attend pour le reste de la journée : chemin de terre battue et de cailloux... pauvre voiture ! Pour autant le régal à conduire (ou comment conduire 2h de suite avec uniquement la seconde et la troisieme vitesse :o).

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Niveau spectacle les premières montagnes nous donnent un bon avant-goût de ce qui va nous attendre pour le reste de la journée : des couleurs rouges, ocres, vert, bleu à gogo !
La verte végétation du bas de la vallée se transforme vite en un paysage aride peuplé de cactus.

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Nous suivons le chemin qui monte tranquillement en zigzaguant dans les lacets pour gravir la montagne. Evidemment on s'arrête un peu partout pour prendre des photos, c'est bien là l'avantage d'être indépendant !

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Nous arrivons en haut de la montagne, à l’entrée des grands plateaux désertiques. Au-dessous de nous la vallée creusée entre les grandes montagnes vertes, derrière nous le plat avec juste quelques herbes folles. La chapelle de Molino marque le début de cette région aride.

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Pour nous fini de cahuter dans les cailloux, place à la route toute droite… On fait voler des énormes nuages de poussière sur notre passage ! En face de nous on peut distinguer la ligne de la route qui continue vers l’infini. Seule une montagne écharpée déchire l’horizon, les bas côtés sont peuplés de cactus tous plus bizarre les uns que les autres.

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Je suis pris d’une petite tentation de record de vitesse mais un panneau assez singulier pour le lieu “radar automatique” me rappelle à l’ordre. Il n’est pas le seul ! J’essaie de prendre des vidéos en même temps que je conduis et mon copilote Andy à peur qu’on parte sur le fossé :o)

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Nous quittons cette zone aride pour traverser quelques villages qui semblent presque abandonnés. Seule preuve d’activité, les nombreux piments rouges qui sèchent au soleil. Les contrastes de couleurs entre ce rouge, la couleur ocre des maison en terre et le ciel bleu, sont absolument magnifiques !

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Enfin après 5h de route (et de très nombreux arrêts photo), nous arrivons dans le village de Cachi. Le soleil cogne dur ! Je retrouve cette ambiance que j’ai découvert au Mexique et en Amérique centrale de place centrale carré, peinte en blanche, avec l’église d’un côté et la mairie de l’autre, le tout bordée d’arcades.

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On en profite pour faire une pause déjeuner. Je suis le seul partant pour un bon morceau de viande car Andy et Kristie sont tous les deux végétariens, mais Andy fait une exception à son régime pour déguster un Locro, spécialité locale, sorte de cassoulet mais avec du poulet à la place du canard (je préfère le canard :o).

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Après une petite pause sieste au soleil pour la digestion nous voila repartis sur le sentier de terre en direction du village de Molinos. Tout est tellement sec et poussiereux que la voiture est recouverte d’une couche de poussière. En chemin nou prenons une femme et son enfant en stop au bord de la route et les déposons 20km plus loin, toujours au milieu de nulle part !

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Arrivés à Molinos nous nous promenons un peu histoire de nous dégourdir les jambes, mais finalement le village, plus que calme, n’offre pas grand chose à voir d’autre que sa jolie église. C’est pas grave, ce n’est que 3h de voiture en plus pour le voir !

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Nous décidons de prendre un nouveau chemin pour retourner vers Salta. Et on a eu bien raison ! Non pas que le chemin allé n’était pas intéressant, mais le chemin retour était incroyable ! Nous traversons le parc national de Las Cardones, littéralement le parc national des cactus. Andy est aux anges car ils adorent les cactus, et c’est limite si nous ne nous arrêtons pas à chacun d’entre eux pour qu’il puisse les prendre tous en photo. Plus on avance, et plus on voit les silhouettes des chaines montagneuses se perdre dans la brume derrière nous, magnifique.

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Un peu plus loin nous arrivons dans

la Quebrada

de las Flechas (Quebrada veut dire Gorge). Toute une vallée qui se dessine sous nos yeux en forme de roche rouge en pointe et en flèches… on est subjugué. Avec le soleil qui commence à bien descendre les ombres s’allongent et on joue comme des gamins avec nos ombre :o)

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On continue donc cette route perdue entre les roches aiguisées, on est déchainé !

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Enfin on arrive à la sortie du parc, et finalement à la limite du plateau. Devant nous on découvre les nuages foncés et inquiétants qui grondent bloqués dans la vallée où nous devons redescendre. Ça va pas être du gateau ! Il est déjà bien tard car nous avons pris notre temps dans la journée, et il nous reste plus de 3h de route de montagne en terre, de nuit, aveuglés par les nuages, et par moment sous la pluie… hum !

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Dans un geste de générosité nous poussons nos affaires et prenons un couple de vieux argentins sur le bord de la route qui tentent de se rendre à Salta. Après avoir discuté avec eux nous apprenons qu’ils attendaient le passage d’une voiture depuis plus de 2h, et sachant que la nuit commençait à tomber et qu’on ne peut pas dire qu’il y a beaucoup de passage sur cette route on peut dire qu’on était un peu leur dernière chance!

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Enfin nous arrivons à Salta, écroulés de fatigue, mais ravis par cette excellente journée. Je pense déjà à la journée de demain dans le nord de la région!

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24 avril 2006

Salta, ville coloniale aux airs mexicaines

Pas mécontent de quitter enfin la ville de la Rioja nous arrivons aprés un nouveau trajet en bus bien fatiguant (nous devions arriver a 6h du matin a Tucuman pour 2h d'attente pour une connexion, mais encore une fois le bus est arrivé en avance, à savoir à 5h du matin !!!) dans la ville de Salta.

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Notre arrivée est plutôt agréable : auberge de jeunesse (Terra Oculta) confortable, avec cette atmosphère assez rare où tout le monde est toujours de bonne humeur, tout le monde parle à tout le monde, et le soir chacun vient partager une bière dans le bar qui se situe sur la terrasse, quand les jeunes qui tiennent le lieu (et qui se rappelent du nom de chaque personne dans l'auberge !) n'organisent pas un immense barbecue (le fameux Asado argentin !).

D'ailleurs c'est bien sympa car je rencontre Audrey, une jeune française qui travaille dans l'auberge depuis 1 an pour apprendre l'espagnol, et le soir elle passe sa propre musique dans le bar de l'hotel... comme le fait remarquer Christophe Cousin dans le récit de son tour du monde en vélo en 2 ans, même si ce n'est pas forcément la musique qu'on écoute en France, c'est agréable d'entendre du Brel, Edith Piaff, Azanavour etc... :o)

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La ville en elle-même nous plait tout de suite ! Même si on s'imaginait d'après nos guides de voyage une petite ville coloniale calme et au pied des montagnes, et que nous découvrons une grande ville avec beaucoup de circulation dans une plaine immense, nous sommes tout de suite sous le charme ! Il fait très chaud, les rues sont jolies et animées. Il y a un parc avec palmiers, coins à l'ombre, bassin avec barques et canards. Je retrouve un air des villes mexicaines avec la place principale : dominée d'un côté par la cathédrale, une grande statue en son sein, d'immenses arbres et palmiers sous lesquels se trouvent jeunes, vieux, cireurs de chaussures, couples... 

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Tout autour la place est bordée par des arcades d'où dépassent de nombreuses terrasses de cafés à l'ombre de parrassols. Bref avec la chaleur je me crois ou au Mexique ou dans le sud de la France, il me manque un peu les cigales, mais les criquets feront l'affaire !

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Pour notre premier jour nous nous renseignons sur ce qu'il y a à faire dans la région. On a tellement entendu parler de ce coin ! Comme c'est moins cher que le reste de l'Argentine (effet Nord) c'est là que sont venus en vacances la plupart des argentins que j'ai rencontré depuis mon arrivée dans le pays, et tous étaient unanimes : c'est grandiose ! Il nous reste donc à savoir où se rendre et comment se rendre !

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Après avoir discuté à droite et à gauche on comprend qu'il faut sortir loin de la ville et grimper dans les montagnes pour pouvoir voir les fameux paysages de montagnes colorées, les petits villages typiques et les régions de cactus. Les tours organisés existent biensûr, mais on est vraiment fatigués de monter dans un bus avec 20 personnes, descendre quand on nous le dit etc... et on réfléchis à louer une voiture pour y aller avec nos propres moyens, ce qui revient au maximun au même prix qu'un tour organisé, voire moins cher, mais avec un peu d'organisation offre beaucoup plus de liberté !

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Nous voila donc partis pour faire le tour des offices de tourisme (pour la liste des agences, les points d'intérêt, l'état des routes...) et des agences de location de voiture.

On recherche aussi d'autres jeunes pour partager la voiture avec nous (et parceque c'est aussi plus sympa !). Aprés plusieurs fausses pistes de personnes intéressées et finalement plus intéressées, Kirstie (anglaise vue pour la première fois à El Chalten, vraiment rencontrée à Bariloche, croisée à la station de bus de Tucuman, puis enfin retrouvée dans la même auberge de nouveau) et Tom (sud-africain rencontré à Iguaçu au Brésil, puis dans le bus de Iguaçu à Buenos Aires, et avec qui j'ai passé une bonne partie de mon temps à BA, remember l'Opera Bay !, et enfin retrouvé par hasard encore dans la même auberge) décident de se joindre à nous, et nous pouvons réserver notre voiture.

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Coup de chance, le gars qui travaille dans l'agence la plus intéressante est un jeune qui s'appelle Jean-Claude et qui vient de Rennes... ça facilite pas mal les discussions et les négociations !!!

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Finalement pour le temps restant on décide avec Andy de se rendre en haut du sommet qui surplombe la ville de Salta. Il y a un téléphérique récent de fabrication suisse qui nous amène en haut en 15mn...

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La vue n'est pas si impressionante que ça au final, mais ça reste joli, et je me cale sous un arbre à moitié au soleil, à moitié à l'ombre pour une petite sieste bien agréable !

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23 avril 2006

Ischigualasto ou la Vallée de la Lune

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Nous ne nous éternisons pas à Talampaya, et d'ailleurs Pauli nous attend déjà dans son pick-up. Après un sandwich rapide et une petite heure de route nous arrivons à l'entrée du parc de Ischigualasto, plus connu sous le surnom de "Vallée de la Lune", ce qui ne reflète pas le paysage de l'intégralité du parc, mais qui se comprend très bien sur une bonne partie en tout cas, comme vous le verrez un peu plus bas.

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Ici pas de tour en mouton dans un bus, mais pour autant la zone est super surveillée, et nous avons un guide qui nous accompagne, mais pour rentabiliser elle attend d'avoir plusieurs voitures prêtent à partir pour former une caravane afin que tout le monde se suive et profite, aux arrêts, des explications.

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Vous êtes peut-être surpris que l'on puisse rentrer dans le parc avec sa propre voiture, mais le parc est immense et nous ne verrons qu'une toute petite partie, sur un parcours de 40km, sans dépasser les 20 à l'heure car la route ressemble plus à un sentier qu'à autre chose !

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Dès le premier arrêt c'est du grand spectacle. En dessous de nous des minis-collines sont entassées les unes sur les autres, avec des cercles de pleins de couleurs différentes, ce qui lui vaut le nom de "Valle Pintado". En fait c'est tellement désertique que c'est cette partie qui a donné le surnom au parc de Vallée de La lune. Perso je me croyrais dans un décors sortit tout droit de Stars Wars tellement ça fait irréel, science-fiction !

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Ensuite nous nous arrêtons à un endroit appelé "Cancha de Bochas", ou le terrain de boules. J'avais déjà vu des photos de ce lieu et je ne suis pas déçu du résultat, même si elles sont un peu plus petites que ce que je pensais...

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Je suis désolé pour le nombre de photos, mais je trouvais ça trop bien alors comme à l'habitude (même si j'essaie de me réfréner un peu en ce moment) j'ai pas mal mitraillé !

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L'explication scientifique sur leur création n'est pas très claire... Certains pensent que ce sont des éléments qui avaient un magnétisme particulier qui ont attiré d'autres éléments gravitant dans l'eau, à l'époque où toute cette région était encore un immense lac. Ces boules se seraient ensuites fossilisé, et seraient réapparues avec l'érosion du reste du lac asséché...

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En réalité ce parc est très précieux pour tout archéologue travaillant sur l'ère du Mesozoic dans le Triassic, ou pour ceux à qui ça ne dit rien comme moi, l'ère des dinausores ! Si on remonte à plus ou moins 248 millions d'années (selon la théori il n'y avait qu'un continent à l'époque, car c'était avant la séparation tectonique des plaques), il y avait dans cette vallée un immense lac avec beaucoup d'espèces différentes de dinausores, qui sont morts ici et qui ont fossilisés ici.

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Beaucoup plus tard, après la séparation des plaques, et sous l'effet de la collision des plaques toute la région s'est soulevée (en même temps que l'apparition de la chaine des Andes, pas très loin) et l'eau a disparu. Puis coupé des nuages océaniques par les Andes la région est devenu désertique et venteuse. L'érosion a enlevé facilement toute la matière issu de la sémentarisation du lac... Du coup on peut y voir toutes les couches (en fonction de la profondeur de l'érosion) de toute l'ère du Mesozoic !

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La visualisation de ces fameuses couches est très facile : il suffit de regarder les différentes couleurs dans le paysage, ainsi que les différents matériaux. En regardant près des rochers, on peut encore voir des algues et des coquillages fossilisés, c'est vraiment intéressant !

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Comme à Talampaya qui n'est pas très loin, les formes créées par l'érosion sont parfois assez spectaculaires ! Comme celle des rochers de la photo ci-dessus par exemple !

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Bien que le parc soit immense, là aussi nous ne pouvons pas marcher ou nous voulons, et nous sommes obligés de rester dans un sentier très étroit et délimité par des roches peintes en noir...

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Dû au fait que ce parc permet de voir à lui seul toute l'ère des dinosaures comme je vous l'ai dit précédemment, il a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

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Notre arrêt devant ce grand rocher blanc qui tient en équilibre avec la chaine montagneuse rouge en arrière plan sera notre dernier. Encore quelques explications géologiques avec pleins de mots compliqués, le tout en espagnol (avec Andy nous sommes les seuls pour qui l'espagnol n'est pas la première langue, mais je commence à pas trop mal maitriser et je comprends quasiment tout. Vous avez dans une vidéo au-dessus un extrait des explications de notre guide en espagnol. Le pire c'est qu'ici ils ont encore un accent différent de celui de Buenos Aires et du sud de l'Argentine, et je peux vous dire que ça n'a rien à voir ! Par exemple ils ne prononcent pas les "R" "rrr" comme ça se fait normalement, mais ils disent "ch" et c'est pas toujours facile à comprendre !).

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Je ne suis pas spécialement un fan de voitures, mais je vous mets quand même quelques photos d'autres voitures, prises de notre pick-up, car je trouve que ça permet de mieux réaliser l'envergure des paysages (car des fois si le paysage est seul sur la photo on ne se rend pas compte de la taille ou autre détail comme ça...).

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Finalement nous retournons dans un nuage de poussière à l'entrée du parc où nous allons visiter brièvement le musée. En effet il y a chaque année des fouilles faites par des archéologues dans le parc. Et quasiment chaque année de nouvelles découvertes !

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La majorité des découvertes faites dans le parc sont des squelettes de dinosaures fossilisés. Par exemple c'est ici qu'a été découvert le plus ancien dinosaure connu à ce jour, "l'Eoraptor Lunensis", vieux d'environ 230 millions d'années. C'était un petit carnivore (voir photos en-dessous à gauche) de 1m80 de long, qui évoluera par la suite pour aller jusqu'à 3m de long ! C'est le genre de bestiole qui a été utilisé dans Jurassic Park, ceux qui court très vite et sont très méchant :o)

Plus sérieusement on nous explique au cours de la visite toute la méthodologie utilisé et nécessaire pour faire des fouilles archéologique... c'est vraiment intéressant !

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Enfin la journée s'achève et nous rentrons fatigués mais une nouvelle fois heureux par tout ce que nous avons vu aujourd'hui ! Même sortis du parc le paysage reste superbe (voir photos juste ci-dessus). Pauli nous dépose dans le village de Patquita où nous prenons un bus pour La Rioja. Là une mauvaise nouvelle nous attend : tous les bus pour Salta où nous voulions nous rendre sont pleins... il faut attendre 1 jour à La Rioja... argh !!! Nous ne sommes pas seuls pris au piège, Ariane, une jeune française rencontrée à Chilecito s'est faite avoir aussi... et nous voila tous les 3 partis pour passer le samedi soir ici ! La journée d'attente n'aura pas été complètement inutile puiqu'il m'aura fallu 9h d'internet pour mettre à jour mon site (beaucoup de photos pour cette journée !) et finir de mettre les vidéos du canada et des USA sur le site ! Départ ce soir 23h30 pour Tucuman où nous arriverons demain matin à 5h45. Puis un nouveau bus à 8h du matin (soit après 2h30 d'attente dans le froid matinal d'une station de bus... la joie ! mais c'était le seul bus possible) qui nous emmenera à Salta où nous devrions arriver à midi lundi !

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Talampaya, ses canyons, ses couleurs

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Finalement nous avons trouvé une agence (la seule de la ville en fait) qui accepte de nous amener le samedi pour faire le tour des parcs (soit quand même plus de 500km dans la journée), malgré le fait que nous ne sommes que 2 (enfin ça se monnaie évidemment, on a payé un peu plus cher que quand c'est blindé de touristes), et donc nous avons un chauffeur, Pauli, rien que pour nous pour la journée.

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Nous quittons Chilecito tôt le matin, à 7h, avant le levé du soleil, et nous traversons dans sa partie basse la montagne de Fatimina pour nous rendre sur le plateau de l'autre côté. Nous assistons émerveillés au levé du soleil alors que nous sommes encore en plein milieu des montagnes, c'était magique !
D'un côté les couleurs en dégradés du ciel qui s'illumine sur les cimes, de l'autre les flans de la montagnes qui rougissent. Tout autour de nous nous pouvions voir cactus à volonté (la région est extrèmement sèche et c'est quasiment le seul végétal qui peut survivre à cette sécheresse) et roche de couleur rouge/ocre.

A un moment nous passons juste à côté de "l'Inca Trail", la route construite par les Incas lors de leur règne tout puissant sur le continent sud-américain, et qui descendait de Cusco (actuellement au Pérou, que je vais visiter plutard, ne vous inquiétez pas !) la capitale de leur empire, jusqu'à l'actuelle ville de Mendoza, en passant par le nord du Chili. Le sentier est extrêmement bien conservé (car absolument pas touristique ici), et on le voit courir dans la montagne, avec des roches pour le soutenir dans chaque virage. Le même sentier est une vrai célébrité au Pérou, mais il a actuellement de vrais problèmes de conservation dû au trop grand nombre de visiteurs !

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Après 2 bonnes heures de route nous arrivons finalement à l'entrée du parc de Talampaya. Là il nous faut quitter notre guide pour aller dans un circuit organisé. L'état argentin a vendu la concession du parc à une entreprise privée, et nous sommes obligé d'aller avec eux pour visiter le parc (et de payer le circuit en plus de l'entrée biensur !).

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Nous nous enfonçons dans le canyon de l'ancien Rio Talampaya. Le décors est splendide, de grandes falaises rouges nous encadrent. Malheureusement nous ne pouvons pas nous arrêter quand nous le souhaitons et nous devons rester avec le groupe, dans un sentier très étroit, interdit d'en sortir pour ne pas abimer le reste du parc.

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Je fais exprès de bien trainer loin du groupe pour pouvoir profiter du paysage dans la solitude, mais le guide m'interpelle pour que je reste avec lui. Je ne lui dis pas que ses explications sont tout à fait ininterressantes (pour la partie que je comprends, mais je comprends suffisament pour voir qu'il n'a rien à dire), et lui explique que je n'aime pas marcher comme un mouton avec 20 personnes dans 3 mètres carrés. Il me répond que je n'ai pas le choix... sympa !

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A notre premier arrêt nous apercevons des hiéroglyphes gravés dans la roche par une ancienne tribu indigène qui a disparu aujourd'hui (la plupart des habitants actuels de la région sont issus de peuples indigènes et sont des "gauchos" c'est-à-dire des éleveurs de troupeaux). Pour autant la signification des hiéroglyphes s'est complètement perdue, et des archéologues tentent de comprendre ce que ça racontait (des histoires de chasse, de couple, de chef avec leur tribu...) mais personne n'est sur de rien.

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Ensuite nous passons dans le canyon en lui-même. Nous jouons avec l'écho qui est très puissant en criant tous en groupe. Dans un virage du canyon particulièrement à l'abri du vent, toute une végétation assez spartiate quand même c'est développé et on nous explique ce que c'est (ils appelent ça un "jardin botanique" :o)

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Puis nous nous arrêtons devant une falaise qui a une apparence particulière. Des pans sont découpés en pointes, très hautes (voir photo un peu haut-dessus), et c'est surnomé "la cathédrale".

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Enfin nous arrivons au bout du circuit, où l'érosion a découpé la montagne pour n'y laisser que de grands pics rocheux isolés. On se demande comment ça tient encore debout ! Chaque piton a son nom : La Tour, Le Moine etc... en fonction de leur ressemblance. Au loin dans la plaine on peut apercevoir les cimes du mont Fatima. Malgré la gestion un peu stricte du parc, ça reste une étape qui vaut bien le détour, surtout pour ceux qui aiment les grands canyons chauds et désertiques comme moi !

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Chilecito, bienvenue dans le nord de l'Argentine !

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Arrivés de Mendoza à 5h45 du matin, je déteste quand les bus sont en avance lorsqu'ils sont sensés arriver à 6h du matin, horaire qui déjà à la base ne m'arrange pas des masses, même si dormir dans le bus n'est pas le best of niveau confort, c'est déjà dormir et c'est sacré ! Heureusement il y a quelques taxis qui attendent les potentiels passagers et avec Andy qui a décidé de m'accompagner jusqu'à Salta nous nous retrouvons en 5mn et pour absolument rien (première surprise ici : le coût de la vie semble nettement moins élevé !) à la porte de l'unique auberge de jeunesse de la ville. On réveil le tenancier qui nous demande quelle chambre on veut... ben oui on peut choisir car on est absolument les seuls ici !

Après s'être recouché jusqu'à midi, nous faisons nos premiers pas dans la ville... désertique ! Chilecito est sensé être la deuxième ville de la province de La Rioja mais tout est relatif et c'est pas immense ! Ici la sieste s'est sacré, et tout, absolument tout, est fermé de midi à 17h... Il nous restait donc juste à errer dans les rues pour s'imprégner de notre nouveau chez nous.

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J'ai l'impression d'être dans un nouveau pays, ou d'être revenu au Mexique ou en Colombie... c'est nettement different de l'Argentine moderne que je connaissais jusqu'ici ! Les maisons sont basses et un peu délabrées. Sur la place principale je me retrouve face à face avec le Cinéma Paradisio, en plus coloré, mais il n'y a pas de doutes, c'est bien lui comme il finit à la fin du film avant d'être démoli, sort qui attend probablement celui-ci également...

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Dans les environs il y a un très vieux téléphérique qui transportait des wagons depuis le haut des montagnes, et qui peut se visiter, mais nous n'avons pas le temps d'y aller. Il y a également tous pleins de cactus de toutes les sortes sur les collines qui bordent la ville (là aussi ça me rappele le Mexique !). Il y a même un jardin botanique avec plus de 1700 espèces différentes de cactus !
Au loin on peut apercevoir la montagne Famatina, 6500m (ou quelque chose comme ça), la plus haute montagne continentale au monde (ie isolé sur le continent, qui ne fait pas partie d'une chaine montagneuse sur une faille entre deux plaques continentales).

Enfin bref, c'est pas tout de flaner comme ça dans les villes désertes (on a bien pris le soleil qui chauffe dur encore à cette période en dégustant de grandes glaces sur la place principale), mais si on est venu ici c'est pour trouver un moyen ou quelqun pour se rendre dans les parcs voisins de Talampaya et Ischigualasto, et il faut aussi que l'on trouve ça au plus vite !

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20 avril 2006

Visite des vignobles à Mendoza

Aprés cette superbe route au travers des Andes j'arrive en fin d'aprem à Mendoza et découvre la ville qui s'agite le long de mon trajet jusqu'à mon auberge. C'est super vivant et il y a plein de jeunes... cool :o)
A l'auberge je fais la rencontre d'un anglais, d'un canadien, de 2 danois qui voyagent provisoirement avec 2 danoises qu'ils ont rencontré en chemin.
Les 4 danois sont chauds bouillants pour sortir et nous entrainent avec eux d'abord dans un pub irlandais, et ensuite dans la seule boite ouverte pour un lundi soir, à savoir une boite gai avec pleins de travestis... Bonjour le décors je vous raconte pas. Pour autant la musique était excellente et comme j'étais accompagné de mes 2 danoises (exactement comme vous imaginez des danoises) ça ne m'a pas dérangé plus que ça. Coup de chance pour moi : elles voulaient danser et j'étais le seul mec à aussi vouloir danser. Comme elles voulaient danser le rock je me suis "sacrifier" lol. Avec tout ça on a fini la soirée à 6h30 du matin, et c'était un peu râper pour la visite que je plannifiais le lendemain dans les vignobles de Mendoza.

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Enfin ce n'était que partie remise ! Le lendemain je pars accompagné d'Andy que j'ai retrouvé et de 3 australiens dans la région de Maipu relativement proche de Mendoza, pour y louer des vélos et visiter les vignobles et les bodegas pour y déguster quelques vins !

Quelques mots et chiffres clés rapidement sur le vin en Argentine et à Mendoza :
Mendoza est la plus grosse région productrice de vin d'Argentine, elle-même plus gros producteur d'Amérique du Sud. On y trouve principalement les cépages suivants : pour les vins blancs (22% de la production locale), Chardonay, Sauvignon, Chenin et Riesling; et pour les vins rouges (78% de la production locale),  Malbec, Merolt, Cabernet, Sauvignon, Syrah, Bonarda et Pinot. Une très grandes partie de la production est exportée dans le reste de l'Amérique du sud, et dans l'Amérique du Nord (USA) également. Les vins se consomment en moyenne plus jeune qu'en France et on 1 à 2 degrés de plus d'alcool.

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Nous commençons notre visite par la Bodega La Rural, la plus touristique, mais c'est histoire de nous mettre en jambe. Accompagnée par une jeune guide charmante nous découvrons son musée du vin et ses infrastructures, puis nous faisons une petite dégustation. Résultat : le blanc est vraiment insipide et le rouge juste potable... C'est gratuit et ils ont vite vu qu'on était pas des gros acheteurs potentiels ! Bref on ne s'attarde pas et on reprend notre route.

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Nous passons ensuite à quelques kilomètres de là à la Bodega Viña Del Cerno. Toute petite propriété familliale qui se veut traditionnelle (ils écrivent les années à la main sur les étiquettes). La visite est bien intéressante (même si un peu dur à comprendre car en espagnol). Ici comme partout ailleurs nous voyons que les vins sont veillis dans des bariques qui viennent de France ! Ensuite nous passons à la dégustation... Je suis un peu déçu car Malbec comme Sauvignon, la Bodega a essayé de faire quelque chose d'original et au final je trouve le vin trés acide, trés agressif, sans odorat... :o(

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Vient ensuite la Bodega Tempus Alba, une des plus intéressantes de notre visite ! Cette bodega est toute neuve, et hyper moderne. Elle a une très faible production mais ne vise que le très haut de gamme, avec uniquement une exportation pour les US, le Brésil et le Vénézuela. On découvre les tanks commandés par ordinateur, le laboratoire avec des expériences sur des optimisations de cépages, c'est vraiment captivant !

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La Bodega est vraiment ultra nickel, les vignes sont super propres (comparées aux autres domaines), il y a un bar avec terrasse qui offre une vue sympa sur les Andes... malheureusement on ne goutera pas les vins car les dégustations sont payantes et assez chères, mais j'ai eu de bons échos de plusieurs personnes différentes !

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Le début de la route est plutôt moche car il n'y a que des batiments agricoles (des hangars) qui se suivent, et la route est bondée de gros camions, mais plus on s'éloigne et plus ça devient joli. Au final on se retrouve perdu au milieu des vignes au pied des Andes (qu'on ne voit pas trop sur la photo à cause de la luminosité, mais que vous pouvez deviner au loin).

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Pour notre dernière bodega nous passons à la Bodega Carinae (ici toutes les parcelles ont un nom de constellation), tenue par un couple de français (Philippe et Brigitte) qui se sont repliés là après avoir travaillé chez EDF toute leur vie (dans la catégorie ils sont partout). Là encore c'est une toute petite bodega familliale qui vise la qualité. La visite est plus interactive car menée par un jeune anglais (de mon âge) à moitié français, qui voyage en Amérique du Sud et qui travaille dans la bodega pour un mois et demi (il aimait bien le vin et voulait prendre le temps de voir comment fonctionnait une propriété vinicole) ! On voit qu'ici ils arrosent allègrement les vignes (choses qui ne se fait pas en France) car il y a beaucoup d'eau qui vient des montagnes. On déguste toute la ligne de vin et je dois dire que j'ai vraiment bien aimé leur Cabernet Sauvignon et leur Malbec !

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Pour finir la journée et histoire de voir un peu quelque chose de différent avant de rentrer, nous passons par une propriété qui fabrique de l'huile d'olive. On apprend comment faire de l'huille 100% vierge, quels étaient les anciennes machines pour faire l'huile, et biensur là encore on fini par une petite dégustation d'huile sur des petits toats de pain !

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Et voila après tout ça mon temps à Mendoza touche à sa fin, et je pars ce soir pour Chilecito et la région des parcs nationaux désertiques !

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12 avril 2006

Trek day 2 - Cerro Turista

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"La montagne ça vous gagne !" :o) C'est le cas de le dire !

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Il fait un froid de canard ce matin et je n'arrive même pas à m'imaginer sortir de ma position en boule dans mon duvet, mais il est déjà 8h du matin et il faut que je me lève car on est lundi et que le week-end est terminé ! Ah non ! Pardon... rien à voir avec le fait que l'on soit lundi ! Il est déjà 8h du matin et il faut que je me lève car j'ai 10h de marche de montagne qui m'attendent aujourd'hui avec l'ascension de 2 sommets à plus de 2000m...

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D'ailleurs Andy est là pour me le rappeler : il est déjà debout, près à partir, entrain de me taper sur l'épaule : "dans 10mn même si tu n'es pas prêt j'y vais". Je souris doucement car je sais bien qu'il ne partira pas sans moi et me roule de nouveau en boule en m'accordant une minute de grâce supplémentaire qui vient s'ajouter aux 10 dernières minutes de grâce que je me suis déjà accordées (oui pour ça il y a des choses qui ne changent pas !). Mais quand je vois au travers de la fenêtre les premiers rayons du soleil colorer les pans de la montagne je bondis hors de mon sac de couchage, enfile mon pantalon et cours dehors l'appareil photo au poing pour saisir l'instant (et oui... pour ça aussi il y a des choses qui ne changent pas ! :o).

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De retour donc sur les sentiers et dans la fraicheur matinale. Mais le décors a pas mal changé : fini la forêt, désormais ce n'est plus que des montagnes pelées ; et fini aussi le petit sentier plat qui longe la rivière, désormais c'est une bonne pente bien raide faite de gros cailloux qui basculent sous nos pieds.

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La première ascencion ne nous prend pas trop de temps. Nous contournons juste la laguna Negra et grimpons sur un peu moins de 500m de dénivellé de roches. Mais arrivés en haut de nouveau le spectacle est là : vue panoramique sur les chaînes montagneuses tout autour de nous (nous sommes à 1960m d'altitude) avec au loin le Cerro Tronador et sa tête blanche.

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Autre surprise : jusqu'alors nous étions à l'abri du vent mais arrivés sur la crête nous en prenons pour notre grade : bourrasques en rafale, on est gelé jusqu'aux os, et je suis bien content d'avoir gants, bonnets et gros manteau, même si sous l'effort je suis trempé de sueur, mais je préfère être trempé de sueur sous le manteau, que sec et congelé dans le vent !

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La vue est splendide mais à force de regarder au loin on en a perdu notre sentier. Faut dire que c'est pas aussi facile à suivre qu'en forêt ou la terre est battue sous les pas des promeneurs et le sentier bien dessiné. Ici non seulement il y a beaucoup moins de monde qui passe, mais en plus ce ne sont que de gros rochers et seuls des tâches de peinture rouge ou des amoncellements de cailloux nous indiquent la piste à suivre, et là ça fait bien 15mn que l'on n'a plus rien vu... je commence un peu à me demander où on est.

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Bien évidemment on a une petite carte sur nous, mais on n'a pas de boussole et la carte est minuscule et très incomplète et on a du mal à savoir quels sont les pics représentés... Dans le doute nous décidons de continuer à longer la crête de la montagne, pour ne pas descendre et avoir ensuite à tout remonter !

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Ça devient de plus en plus dur... un peu de l'escalade. On doit faire vraiment attention à chaque endroit où nous posons nos pieds pour ne pas faire basculer un gros rocher dans le vide ou sur celui qui est derrière. Evidemment on a bien à l'esprit aussi de ne pas se retourner une cheville ou un genou, ce qui signifierait fin du voyage direct !

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A rester sur la crête nous finissons par arriver au sommet de notre pic appelé "Cerro Balley Willis" curieux nom pour l'Argentine :o) De là nous scrutons au loin pour voir un éventuel sentier. C'est à ce moment que l'on aperçois un groupe de randonneurs juste en dessous de nous sur la droite. C'est bizarre car on pensait que le sentier était sur la gauche, mais on se dit que peut-être il contourne notre pic un peu plus loin...

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On décide alors de descendre pour suivre la trace de notre groupe de randonneurs. La descente n'est pas évidente car on est complétement hors piste, et je me sers plus de mes mains que de mes pieds car j'ai un peu peur de glisser ! Vous pouvez voir Andy en train de descendre sur la photo juste ci-dessus et vous comprendrez de quoi je parle...

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A peine arrivés à mi descente que l'on aperçois notre groupe de marcheurs gravirent la crête d'où l'on vient pour passer de l'autre côté ! Damned ! On aurait mieux fait d'attendre un peu car il faut que l'on remonte à nouveau pour passer nous aussi sur l'autre versant :o(

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La descente est beaucoup plus longue cette fois-ci ! Ça nous prend bien 40mn (en allant à un bon rythme) et à plusieurs reprises les cailloux s'enfuient sous mes pieds. Je suis toujours avec mes tennis, et on peut pas dire que ce soient les meilleurs chaussures de marche au monde (seul avantage elles sont légères !), et 3 ou 4 fois j'ai la cheville qui part sur le côté mais heureusement elle tient le choc. Plusieurs fois également les cailloux qui sont partis sous mes pieds ont entrainés d'autres cailloux un peu plus haut qui sont venus frapper contre mon tibia ou ma cheville... Assez douloureux mais rien d'handicapant !

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On arrive enfin dans la vallée, avec le recul je suis assez fier de moi car en y réfléchissant bien il y a quelques années, après 2 grosses entorses à la cheville (avec plâtre et béquilles) et surtout après une opération des ligaments croisés du genou droit qui m'a valu des jours interminables dans un lit, des semaines de béquilles et des mois d'attèle et de kiné, je n'aurai jamais pensé pouvoir refaire ce genre de chose un jour !

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La marche dans la vallée est bien reposante, même si ce n'est pas du plat total, mais il fait de nouveau doux, et la vue reste magnifique.

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Malheureusement ce passage entre les 2 sommets est de très courte durée et nous voila de nouveau au pied d'une nouvelle pente à gravir, et pas n'importe laquelle ! Nous avons rattrapé notre groupe de randonneurs (qui étaient dans le même refuge que nous la veille) et chacun se prépare à affronter la montée (on boit et on mange du chocolat histoire de prendre des forces car on va bien en avoir besoin !).

Sur la photo de gauche vous pouvez voir la pente vue d'en bas, et encore plus impressionant, sur la photo de droite vous pouvez voir la pente vue de presque en haut... (le petit point noir au milieu c'est Andy en train de monter...). Je pars en tête du cortège (je suis celui qui vait le plus vite car je suis le moins chargé, mon sac à dos est tout petit, certains ont de vrais sac de voyage hyper lourd avec tente et tout... le calvaire !).

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La montée est encore faite uniquement de rochers, et du coup ça ressemble plus à un long escalier (car il faut bien lever les pieds d'un rocher à l'autre, ce qui est bien différent d'une marche normale !), je me retourne de temps à autre pour regarder où en sont les autres derrière moi, mais je fais attention de ne pas trop me retourner non plus car la pente est vraiment vertigineuse et même en me retenant avec les mains aux gros rochers je me dis qu'il suffirait d'un rien pour que je parte à la renverse.

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J'arrive enfin en haut du sommet PicoTurista, 2300m. Je profite des minutes de solitude pour profiter de la vue pour moi tout seul... wouahh c'est à couper le souffle. A 360º ce ne sont que des sommets montagneux arides avec à leur pied des lacs, biensur comme à l'habitude ça caille à mort mais je reste là bien 20mn pour me rassasier du spectacle et bien m'imprégner de ce que je vois !

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Après ça on attaque de nouveau la descente (désormais à part quelques passages où on doit remonter sur 10m on ne fait que descendre). On contourne des plaques de glaces, suit le sentier qui nous dit d'escalader certains rochers (j'ai bien aimé l'indication du sentier qui nous montre le ciel comme chemin :o).

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Après une heure de descente nous approchons du refuge Cerro Lopez. On laisse les montagnes derrière nous et gardons le cap sur la région des lacs de Bariloche qui s'offre devant nous (la même que celle qui nous avons fait en vélo deux jours plus tôt).

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La fin du parcours est un sentier en terre battue qui s'enfonce sous la forêt. Par moment ça descend sec, et avec ce chemin fait de terre fine et sèche (entre le sable et la poussière), je me prend une belle gamelle en glissant et en faisant 4 bons mètres sur les fesses. Je ne vous raconte pas dans quel état j'ai fini : j'ai recouvert de poussière de la tête aux pieds, mon manteau blanc était jaune. Enfin aucune casse et il valait mieux que je glisse à cet endroit plutôt que sur les rochers dans la montagne !

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Trek day 1 - Laguna Negra

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Après une courte nuit me revoila sur le bord de la route en ce dimanche matin... Andy en bon suisse est pas mal stressé par l'heure qui passe et je me bouge pour lui faire plaisir. Il est 11h30 et nous attendons le bus nº10 qui doit nous emmener dans la colonie suisse ou nous sommes passés la veille, d'où part le sentier pour la Laguna Negra.

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En principe l'ascension se fait en 5 ou 6h... et il fait nuit à 18h30 alors nous ne voulons pas perdre trop de temps non plus, d'autant plus qu'on ne connait pas la difficulté du circuit qui nous attend !
Comme on ne veut pas laisser trop de chances au hasard on se renseigne sur les horaires du bus. A notre auberge on nous dit qu'il doit passer à 12h10... on a 40mn d'avance donc tout va bien ! Sauf que voila... à 12h20 toujours pas de bus. On demande donc aux locaux qui nous assurent que le bus passe toute les heures... 12h30 toujours pas de bus, on commence un petit peu à enrager et à se demander comment faire pour rejoindre le début du sentier... On demande à un chauffeur d'un autre bus qui nous dit que le 10 doit passer dans les 20 prochaines minutes... mais devinez quoi ? Evidemment pas de bus. A ce point on est vraiment énervé, et alors qu'on s'apprête à partir en stop le bus se pointe tranquilos à 13h30... soit 2h d'attente sur le trottoir pour rien ! Le pire c'est qu'on apprendra plus tard que 13h30 etait son heure de passage exacte, mais que seulement personne n'avait été capable de nous le dire !

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Quand enfin on fait nos premiers pas sur le sentier il est 14h40... et on stresse un peu de savoir si on va devoir faire la fin du parcours de nuit ou non... Perso ça me prend tellement la tête que je défait ma montre et la range dans mon sac pour ne plus voir l'heure et profiter de la balade !

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En fait la plus grande partie de la marche se fait dans la forêt, et est tout ce qu'il y a de plus classique. Nous longeons une rivière dans la vallée pendant un long moment, avant de nous retrouver au pied de la montagne. De là on grimpe direct jusqu'en haut. Non seulement je suis pressé par la curiosité de voir ce qu'il y a en haut de la montagne, mais en plus comme l'heure avance la vallée se retrouve plongée dans l'ombre et ça commence à cailler pas mal alors j'accelère le pas pour rester chaud. Andy est derrière, il a un genou qui commence à lui faire mal, mais on ne s'attend pas trop car j'aime bien marcher seul sans parler en regardant autour de moi et en pensant à 10 000 choses à la minute (et aussi car le sentier n'est pas dangereux et ne nécessite pas que l'on veille l'un sur l'autre). C'est dans ce genre de moment que je refais des bouts de ma vie, m'en invente d'autre, construit et détruit dans la minute suivante des projets d'une existence. Avant la rivière je suis producteur de cinéma, après la rivière je manage un bar à New York, à la lisière de la forêt je réfléchis à mon CV pour mon retour à Paris, au premier rocher de l'ascension je calcule l'enchainement de mes dates pour mon passage en Bolivie... ne cherchais pas de rapport il n'y en a pas !

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L'arrivée en haut de la première montagne est superbe. Je surplombe la fameuse Laguna Negra encaissée entre de hautes falaises rocheuses, avec à son pied le refuge dans lequel nous allons passé la nuit avant de reprendre la route demain matin. Dans mon dos la vallée plongée dans le voile noir qui avance à grand pas. Je continue à m'amuser avec mon ombre (occupation favorite du moment !), en regardant les pics abruptes des sommets au loin, et en attendant Andy pour rejoindre le refuge.

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Finalement pas trop de soucis au niveau du timing... On a bien explosé le contre la montre en faisant l'intégralité du circuit en moins de 3h au lieu des 6h annoncées... faut dire qu'on a vraiment marché très vite !
Bien que nous sommes hors saison nous ne sommes pas les seuls dans l'auberge. Argentin, américains, canadiens et israeliens partagent notre dortoire (enfin des matelas en plastique sur le sol, mais c'est déjà bien comfortable pour poser nos sacs de couchage). On doit être dans un couloir venteux car ça souffle à mort et c'est un vent glacial, mais malgré le froid tout le monde se rue dehors pour mitrailler et observer les couleurs du couché de soleil. Aprés ça une bonne platrée de riz bien gluant fait sur un vieux poêle et au lit à 20h (je suis pas mal fatigué evidemment, et puis demain notre circuit fait en théorie 10h avec un niveau de difficulté beaucoup plus élevé, et surtout nous sommes à la bougie et je n'ai absolument rien d'autre à faire que d'aller dormir... mais je m'endors dans la minute malgré les discussions qui continuent autour de moi et le bruit du vent dans les trous du mur).

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Posté par raphael giraud à 01:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]